الجمعة، 25 ديسمبر 2015

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    Les interprétations de la liberté
    Rationnellement et en fait, la démocratie est indissolublement liée à l'idée de liberté. Sa définition la plus simple et également la plus valable, à savoir : le gouvernement du peuple par le peuple, n'acquiert son plein sens qu'en considération de ce qu'elle exclut : le pouvoir d'une autorité qui ne procéderait point du peuple. Ainsi, la démocratie est d'abord un système de gouvernement qui tend à inclure la liberté dans le rapport politique, c'est-à-dire dans les relations de commandement à obéissance, inhérentes à toute société politiquement organisée.
    L'autorité y subsiste sans doute, mais elle est aménagée de telle sorte que, fondée sur l'adhésion de ceux qui lui sont soumis, elle demeure compatible avec leur liberté.
    Par-là même, se trouve établie cette valeur morale de la démocratie qui autorise ses partisans à affirmer sa supériorité sur les autres formules gouvernementales, puisqu'elle est seule à proposer pour assise de l'ordre politique la dignité de l'homme libre. Assurément, galvaudée par trop d'usages méprisables, l'affirmation paraît aujourd'hui sujette à caution. Il ne faut pas oublier cependant qu'elle fut, durant des siècles, le facteur le plus agissant de rayonnement de l'idée démocratique. Depuis les canonistes du Moyen Age jusqu'aux philosophes du XVIIIe siècle ,un leitmotiv ne cesse de revenir dans les traités politiques comme dans les pamphlets de circonstance: les rois sont faits pour les peuples et non les peuples pour les rois. Qu'est-ce à dire sinon que la personne des gouvernés prime l'intérêt des gouvernants et que, si l'autorité est nécessaire, elle saurait s'imposer sans titre ni condition ? Et lorsque la declaration des droits 1789-1791 pose que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit", n'indique-t-elle pas du même coup et la transendance de la liberté et l'obligation pour les institutions politiques de s' en accommoder, quelles ques soient les difficultés qu'elles puissent succiter à l'exercice du pouvoir ?

    Il ne suffit pas toutefois d'associer le principe démocratique à l'idée de liberté humaine pour rendre compte de la signification présente de la démocratie. Il faut aussi s'attacher à la consistance de la liberté. Il existe en effet, tantôt opposées et tantôt complémentaires, diverses interprétations de la liberté dont on ne peut dire que la rivalité est à l'origine aussi bien des controverses théoriques que suscite la notion de démocratie que du drame historique dans lequel, à son propos, les peuples sont présentement engagés.
    Une première conception de la liberté est celle qui la tient pour équivallente à l'autonomie. Cette liberté-autonomie se traduit par l'absence de contrainte par le sentiment d'une indépendance tant physique que spirituelle. Sans doute, sa qualité varie selon le sens que lui donne l'individu qui en jouit, selon l'usage qu'il en fait et la responsabilité dont il l'enrichit. Mais toujours cette liberté est une disponibilité car elle est la faculté grâce à laquelle l'homme dispose de lui-même. Or comme cette autonomie est fragile, les hommes, depuis qu'ils réfléchissent à leur condition, ont songé à la garantie sinon contre tous les risques qui la menacent, du moins contre ceux qui naissent de l'existence même d'une autorité polique. Ainsi est née une autre conception de la liberté que l'on peut appeler la liberté-participation et qui consiste à associer les gouvernés à l'exercice du pouvoir pour empêcher celui-ci de leur imposer des mesures arbitraires.

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